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Beaucoup de livres sérieux et très bien écrits convergent
aujourd’hui vers un même constat : notre société productiviste
et consumériste découle d’une vision anthropologique unique
(aux effets néfastes jugent la plupart) née en Occident il y a
cinq siècles. Excepté quelques intellos, peu de nos contempo-
rains prennent connaissance des fondements et conséquences
de cette mise en cause essentielle. Alors, puisque la dernière
superproduction hol ywoodienne de James Cameron, « Ava-
tar », aborde et développe avec habileté une telle approche des
fondements de notre civilisation, il n’est pas inutile de voir ce
qu’en dit un film qui sera vu par des centaines de millions de
nos contemporains1. Une analyse de ce qu’induisent subrepti-
cement les images d’« Avatar » est d’autant plus utile que, le
cinéma étant le média culturel le plus consommé de nos jours,
ce film qui a suscité pas mal de polémiques aura probablement
plus d’impact sur l’évolution de la mentalité collective que des
centaines d’ouvrages et articles académiques.
En ce début mars 2010, plus de 100 millions de spectateurs aux Etats-Unis, 15 millions en France, plus d’un million en Belgique. De par le monde plus de 200 millions de spectateurs. Et ce n’est pas fini… 193 | LA NATURE À L’ÉPREUVE DE L’ANTHROPOLOGIE
de chasser les insectes qui tournaient autour de moi dans la salle du cinéma avant de me rendre compte qu’ils faisaient partie de la jungle Je me permettrai de débuter cette approche du film le plus cher de Pandora, la planète sur laquelle se déroule l’action d’«Avatar».
mais aussi le plus rentable de l’histoire du cinéma2 par le résumé au vitriol qu’en fait un journaliste et scénariste australien, John Pilger : « Une humanité non-américaine (ou non-occidentale) n’est pas censée faire un bon score au box-office, qu’el e soit morte ou vivante. Ils ne sont que ‘’l’autre’’ qui sont autorisés, dans le meil eur des cas, à être J’avoue être fan de SF et les 2h45’ que dure «Avatar» sont passées ‘’sauvés’’ par nous. Dans le film Avatar, une fresque violente et film à sans que je m’en rende compte. Mais tout le monde n’est pas de mon succès de James Cameron, de nobles sauvages en 3-D appelés Na’vi avis et je répercuterai donc l’avis du critique averti qu’est Hugues ont besoin d’un bon soldat américain, le sergent Jake Sul y, pour les Dayez : « Fresque avec son image en relief et ses 300 mil ions de dol ars sauver. Ce qui prouve qu’ils sont bons. Coupez. ». Il faut dire que de budget, Avatar est le film le plus cher de l’Histoire du cinéma. Passé John Pilger3 est un contempteur acerbe du cinéma hollywoodien le premier effet de surprise devant le gigantisme de l’entreprise, c’est qu’il considère comme une machine de propagande pro-américaine. l’ennui qui domine. Car les créatures générées en images de synthèse J’ose à peine vous répéter ce qu’il en dit4 dans un article « La duperie ne génèrent pas la moindre parcel e d’émotion. Et parce que le scénario des Oscar » publié sur le site « Le Grand Soir »5. Soyons donc un peu de Cameron accumule les pires clichés dramatiques. L’histoire d’amour moins manichéens : «Avatar» est de fait une œuvre de science-fiction entre Jake et Neytiri fait penser à cel e de John Smith et de Pocahontas, comportant beaucoup trop de scènes très violentes, au scénario plus et le combat entre les colonisateurs humains et les pauvres Na’vis oppri- que prévisible mais l’analyse qu’en fait Pilger est peut-être un peu més ressemble à un mauvais western opposant de méchants cow-boys biaisée par son séjour comme correspondant de guerre au Viêt-Nam.
et de bons indiens. Et sur le plan esthétique, Cameron n’invente pas grand-chose : ses Na’vis bleuâtres avec des oreil es en pointe semblent Pour apprécier ce film, il faut supporter le science-fiction et ap- sortis d’une vieil e BD de Mézières ou de Bilal, et les bestioles qui précier les effets spéciaux (qui atteignent dans ce film un sommet de peuplent Pandora auraient presque pu figurer dans « Jurassic Park ». perfection). A cet égard, le port de lunettes spéciales pour une vision Enfin, l’épouvantable musique de James Horner, solennel e à souhait, 3D me paraissait un gadget un peu ridicule jusqu’à ce que je tente achève de rendre cet « Avatar » bien indigeste. . Epuisé à la sortie de Coûts de production : 300 millions de dollars ; coûts de promotion : 200 millions de $ ; recettes fin février 2010 : la projection, on ne peut s’empêcher de penser : « tout ça pour ça ! ».6 1.900 millions de $ ; recettes finales espérées : 3.000 millions de $. http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Pilger «Les nominations aux Oscars cette année constituent un défilé de propagande, de stéréotypes et de malhonnêteté On pouvait s’attendre à ce que le cinéphile qu’est Dayez préfère pure et simple. Le thème dominant est aussi vieux que Hol ywood : le droit divin de l’Amérique d’envahir d’autres sociétés, de voler leur histoire et d’occuper nos mémoires. Quand est-ce que les metteurs en scène et les scénaristes les films « intelligents » à petit budget et n’apprécie guère ce style de se comporteront-ils enfin comme des artistes et non comme des prostituées au service d’une vision globale dévouée au contrôle et à la destruction ? J’ai grandi avec le mythe cinématographique du Far West, ce qui n’était pas bien superproduction. Mais il confirme aussi qu’on doit énergiquement méchant si vous aviez la chance de ne pas être un Amérindien. La formule n’a pas changé. Par des distorsions nombrilistes, l’agresseur colonialiste américain est présenté comme un être doté d’une noblesse destinée à couvrir les contester la lecture de Pilger qui y voit de la propagande pro-amé- massacres, des Philippines jusqu’en Irak. Hol ywood réussit de manière bril ante à faire disparaitre toute trace de ricaine. Ici, les bons sont les « Indiens » et les « cow-boys » sont les vérité sur les agressions de l’Amérique. Il ne s’agit plus de guerres, mais de l’exportation d’une « culture » meurtrière, accro aux armes à feu. Et lorsque la version de psychopathes présentés comme des héros ne prend plus, le bain de sang méchants. La caricature de Blackwater7 qu’est l’armée d’invasion se transforme en une « tragédie américaine » accompagnée d’une bande-son à vous arracher les larmes. » http://www.legrandsoir.info/La-duperie-des-Oscars.html 6 http://www.rtbf.be/info/societe/cinema/avatar-pocahontas-de-lespace-oscar-degoulinant-170245 La société privée qui compte autant de combattants en Irak que l’armée officielle des Etats-Unis. ÉTOPIA | PHILOSOPHIE DE LA NATURE| 194
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états-unienne sur Pandora est plutôt réjouissante pour tous les anti- dans d’autres œuvres de fiction et resservira assurément encore. impérialistes du monde. Mais là n’est pas le sujet de ce que j’oserai Il est intéressant d’examiner l’effet d’une telle hybridation sur la appeler l’approche philosophique qui sous-tend « Avatar ». psychologie d’un individu. Il faut dire que le sergent Jake Sully a tout intérêt à se « réincarner » dans un Na’vi : handicapé (paralysie des deux jambes suite à une blessure de guerre lorsqu’il combattait On peut tenter de voir derrière le spectacle comme Marine), il habite (lorsqu’il ne dort pas) un splendide corps de géant athlétique de plus de trois mètres aux capacités physiques Reprenons par exemple les propos d’un critique du site de critique étonnantes. Sa redécouverte de la marche lors de sa réincarnation cinéma français « Excessif.com » : « Avec Avatar, Cameron nous jette est un épisode (théoriquement) émouvant mais significatif. brutalement au pied du mur (…). Une morale d’une violence rarement vue dans un blockbuster hol ywoodien, (nous pousse à) adopter le Dans une récente note de lecture sur le livre de Christian Arns- regard de ces êtres supérieurs observant les pauvres Terriens propager perger, « Ethique de l’existence post-capitaliste, pour un militantisme le chaos. À la moitié du film, quand Jake Sul y commence à virer de existentiel »9, je reprenais sa théorie de l’évolution des hommes avec bord, le personnage (…) rejette son enveloppe humaine à mesure que des organes bioniques et la création de cyber humains10. On a ici sa propre race le dégoûte, pour mieux se projeter dans le monde de deux illustrations de ce que pourraient être ces humains dotés de son avatar. On savait déjà que Cameron était un créateur de mondes prothèses technologiques. D’abord Jake Sully, vivant par procura- fasciné par la destruction. Cette fois, il nous a bâti un Eden tout en tion dans le corps d’un non-humain (cependant d’apparence et de dégommant à bout portant la civilisation humaine. Et à l’instar de physiologie fort proches). Mais aussi, et cela a été moins commenté, Jake Sul y, beaucoup risquent de ne pas revenir de Pandora. C’est les guerriers terriens installés dans des robots qui reproduisent leurs probablement là, qu’il faut chercher la vraie révolution d’«Avatar». Si moindres gestes, démultipliant leurs forces et leur capacités physiques j’ai retenu cette critique parmi beaucoup d’autres, c’est parce qu’elle (cette technologie existe déjà et est évidemment développée par les résume en quelques lignes les trois sujets « philosophiques » que militaires avant les applications pacifiques). L’inévitable duel final je souhaite aborder ici : les prothèses supra-humaines, la relation entre le bon (Jake dans sa version Na’vi) et la brute (l’abject colonel US) se déroule d’ailleurs entre ces deux « avatars »… Ce que montre le film est aussi la difficulté du retour à l’état de simple humain lorsqu’on abandonne la défroque qui multipliait Le point central du film de Cameron est de mettre en scène ce vos pouvoirs. On a ici une nouvelle illustration d’un débat philoso- fameux avatar8, un hybride biologico-électronique entre humain phique déjà ancien : les avancées scientifiques, d’abord imaginées et Na’vi (esprit humain et corps de Na’vi). Cet artefact est une pour soulager les souffrances humaines, permettent aussi de trans- invention permettant bien des scénarios créatifs. Elle a déjà servi former la «nature humaine». Si ces modifications de nos capacités 8 Avatar : (n. m.), Dans la religion hindoue, Chacune des incarnations de Vichnou. Par extension, il signifie familièrement le changement ou la transformation d’un objet ou d’un individu qui en a déjà subi plusieurs. Que 10 (…) divers états hiérarchisés en un axe vertical. Un individu, une culture, un système pourraient progresser d’avatars dans la vie politique de cet homme d’État! En informatique, un avatar est la représentation graphique ou régresser suivant cet axe. Ainsi, pour le corps les niveaux d’organisation seraient « atomes > procaryotes
d’un internaute, que ce soit sous forme 2D, (sur les forums et dans les logiciels de messagerie) ou sous forme 3D > eucaryotes > organismes neuronaux > moelle épinière > système cérébral reptilien > système limbique >
(dans les jeux vidéo, par exemple).
néocortex > néocortex complet > organes bioniques > cyber humains ».
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naturelles d’homo sapiens sont désirables dans un premier abord, tresses et d’organes semblables diversement situés chez les vivants ne nous déshumanisent-elles pas et ne nous entrainent-elles pas sur de Pandora. Cette communication biologique visible se fait aussi des voies qui ne sont pas celles de l’évolution naturelle de l’Homme avec les plantes, elles-mêmes en communication via leurs racines, depuis quelques millions d’années ? Des individus dopés aux am- en un réseau global qui forme l’esprit de Pandora. Les scientifiques phétamines gommant leur fatigue, chargés d’EPO de cinquième de l’expédition terrienne étudient avec émerveillement ce net bio- génération accroissant leurs capacités pulmonaire et musculaire, logique mais, il fallait s’en douter, cela n’intéresse absolument pas toujours dynamiques, optimistes et sereins grâce au Super-Prozac® de demain, seraient-ils encore de véritables humains ? On verra dans « Avatar » que pour Jake Sully, les voyages aller-retour sont souvent On constate que l’on a, mise en scène, une concrétisation visuelle douloureux et qu’il n’en sortira pas indemne. (on est au cinéma) et biologique de l’hypothèse Gaïa12. Imaginée pour la Terre par James Lovelock13 et popularisée par Fritjof Capra14 ou Isaac Asimov.15 Cette théorie connaît de nos jours un regain d’intérêt dans une version actualisée car elle est au centre d’une question très Ce que la plupart des commentateurs ont bien vu, par contre, est médiatique : « La Terre sera-t-el e capable, grâce à ses facultés d’auto- la confrontation entre notre civilisation technologique et capitaliste régulation et d’effets feed-back, de préserver la vie (dans ses formes (les actes « moralement contestables » des Terriens sont justifiés par supérieures) en des écosystèmes agressés par les retombées néfastes des le fait qu’ils viennent extraire une ressource naturelle très rare, très activités d’une espèces vivante proliférante, l’homo sapiens ?». Il est utile et donc très rentable) et la civilisation animiste des Na’vis. On amusant de constater, qu’aujourd’hui, ce sont les industriels et les peut raisonnablement penser que les conseillers à l’élaboration des défenseurs d’une croissance économique sans limite qui ont le plus images et des détails du scénario d’« Avatar » sont de fins connais- envie de croire à une théorie issue de ce qu’il y a de plus mystique seurs des théories de Philippe Descola (voir l’article de Bernard dans l’écologie profonde… Contrairement à ce que dit Pilger, ce ne De Backer dans cette revue)11. Les Na’vis vivent en symbiose parfaite sera d’ailleurs pas Jake Sully qui fera la différence dans le combat avec tous les être vivants et non-vivants de leur Planète. Non seule- entre Terriens (naturalistes au sens de Descola) et Pandoriens (ani- ment ils s’excusent (comme les Indiens pré-colombiens d’Amérique mistes au sens de Descola) mais la Planète elle-même qui sauvera du Nord) lorsqu’ils doivent tuer un animal mais ils ont des relations ses membres vivants (et Jake par la même occasion). très particulières avec les animaux qu’ils « domestiquent » (terme occidental impropre, fruit de notre culture dominatrice : eux disent plutôt qu’ils s’adoptent mutuellement - après des affrontements pas 12 L’hypothèse Gaïa, appelée également hypothèse biogéochimique est une hypothèse controversée d’écologie profonde initialement avancée par l’écologiste anglais James Lovelock en 1970, mais également évoquée par très tendres). Afin de rendre immédiatement compréhensibles ces d’autres scientifiques avant lui, selon laquelle la Terre serait « un système physiologique dynamique qui inclut la notions plutôt théoriques sur les rapports homme/animal, le scénario biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d’années, en harmonie avec la vie ». L’ensemble des êtres vivants sur Terre serait ainsi comme un vaste organisme (appelé Gaïa, d’après le nom de la déesse de doit utiliser des trucs visuels. Ainsi, les Na’vis sont en communica- la mythologie grecque personnifiant la Terre), réalisant l’autorégulation de ses composants pour favoriser la vie. Un exemple cité par Lovelock à l’appui de son hypothèse est la composition de l’atmosphère qui aurait été tion avec leur montures terrestres (au sens de liées au sol) et ailées régulée au cours du temps de manière à permettre le développement et le maintien de la vie.
13 James LOVELOCK, Les âges de Gaïa, Robert Laffont, 1990, La Terre est un être vivant, l’hypothèse Gaïa, Flam- grâce à l’entrelacement des fibrilles qui se trouvent au bout de leurs 14 Fritjof CAPRA, La Toile de la vie : Une nouvelle interprétation scientifique des systèmes vivants (1997), Le Ro- 11 Bernard DE BACKER, La Nature à l’épreuve de l’anthropologie, pp.XXX 15 Isaac ASIMOV, Fondation foudroyée, Denoël, 1983, Terre et Fondation, Denoël, 1987. ÉTOPIA | PHILOSOPHIE DE LA NATURE| 198
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décrits ci-dessus ? A force de pratiquer le bon vieil adage « On n’at- trape pas les mouches avec du vinaigre », le film n’a-t-il pas englué les Un dernier thème philosophique qui sous-tend ce film est celui spectateurs dans le miel de la superproduction traditionnelle, d’une de la conversion. Envoyé comme espion au sein de la communauté superbe esthétique d’une nature préservée, de la mythologie New des Pandoriens, notre Marine effectue sa mission avec fidélité mais, Age, du scénario combinant l’action et le romantisme à l’eau de rose ? peu à peu, réalise que les valeurs des ses hôtes sont supérieures à celles de son groupe d’origine. Finalement, il « trahit » (à la fois par Difficile de sonder les cœurs et les reins de ces mil ions de spectateurs, amour et par conviction). Il n’est d’ailleurs pas le seul et tous ceux mais il semble que beaucoup ne sortent pas totalement indemnes qui font ce pas doivent « mourir » à ce qui était leur état antérieur, de cette fable écologico-philosophique. De multiples sites de fans que cela se traduise par une mort physique définitive ou des épreuves se sont créés et ils débordent de témoignages étonnants. Ainsi, le très douloureuses. On retrouve là le thème de l’« œuvre au noir » de site Avatar Forums16 a reçu quelque 1.000 commentaires, émanant la tradition maçonnique avec sa mort symbolique. Il faut d’ailleurs d’internautes qui se retrouvent complètement déprimés après avoir noter que la conversion n’est possible que pour ceux qui ont le vu le film et qui racontent que leur vie leur semble désormais bien courage d’aller à la rencontre de la différence et de s’astreindre à la fade. Certains d’entre eux vont même jusqu’à écrire : « Après avoir quête de la connaissance de l’autre. Par moment, Jake Sully, l’espion vu Avatar hier, je me suis réveil é ce matin avec la sensation de vivre ethnologique, fait penser à Charles de Foucauld, l’envoyé de l’armée dans un monde sans couleurs. Tout me semble tel ement vain. Je française chez les Touaregs, qui finira par succomber à la mystique ne trouve plus la motivation de faire quoi que ce soit. Je vis dans un régnant au cœur du plus beau désert du monde, le Sahara.
monde qui se meurt ». Sur un autre site, un fan déclare : « J’ai même envisagé le suicide en songeant que, peut-être, je renaîtrais sur un Cette vision de la conversion entre également en résonnance avec monde semblable à celui de Pandora », tandis que sur Naviblue, le le livre de Christian Arnsperger Ethique de l’existence post-capitaliste site officiel du film, un fan a enjoint les autres internautes à recréer dans lequel il montre que nous sommes tellement engoncés dans l’idéologie qu’a fabriquée depuis trois ou quatre siècles le capitalisme, qu’il faudra une longue pratique des « exercices existentiels » pour Bien sûr, ces « conversions » et émotions ne sont pas le gage d’une véritable compréhension de ce qui provoque ces sentiments et ces envies. Mais de toute évidence, ce film permet à de nombreux jeunes, notamment, d’exprimer leur malaise dans une société morbide et d’imaginer la possibilité d’autres façons de vivre. Ce ne sont évi- demment pas des prises de conscience bien profondes mais, pour Les succès commerciaux et financiers du pari de James Cameron une fois qu’Hollywood consacre ses millions de dollars à autre chose sont évidents. Mais les thèses qu’il développe sont-el es acceptées par que la glorification du héros solitaire (ici on a plutôt affaire à un les spectateurs ? Ne peut-on craindre que les grosses ficelles et les héros solidaire) qui par sa violence défait les méchants et retourne trucs éculés qu’il a utilisés pour accrocher le spectateur occidental s’adonner aux joies de sa famille nucléaire, ne gâchons pas notre moyen aient en fin de compte oblitéré les messages subliminaux 16 http://www.avatar-forums.com/forum.php .
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plaisir. Et mettons en évidence cette phrase de Guattari reprise dans un autre article17 de cette revue : « … nos univers mentaux sont pétris de mythes, etc. et c’est du côté des mouvements écologistes qu’on l’a oublié et qu’on se contente de laisser le pouvoir lié à ce savoir aux publicistes ou à Hol ywood qui en font des séries, sans place pour une Serge Latouche nous incite à « décoloniser l’imaginaire »18. C’est ce qu’aide probablement à faire ce film, ni plus ni moins. Et en tout cas, les Terriens n’ont pas réussi à coloniser Pandora avec leur sale idéologie productiviste et à y détruire la profusion de vie qui y pros- 17 Nicolas PRIGNOT, Retour sur les trois écologies de Félix Guattari, p157. 18 Serge LATOUCHE, Décoloniser l’imaginaire - La pensée créative contre l’économie de l’absurde, 2003, Ed. L’Aventurine, collection L’après-développement. ÉTOPIA | PHILOSOPHIE DE LA NATURE| 202

Source: http://www.etopia.be/IMG/pdf/r7_adriaens_web.pdf

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23th February, 2011 THE LONDON PMS AND MENOPAUSE February Newsletter I have decided to send my patients (or former patients) a monthly newsletter with up to date views on hormone therapy particularly if clarification of any newspaper reports are required. The following are recent articles on the benefits and risks of Th

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Nature as a bioterrorist: how to cover the next microbial war Two wars broke out in 2003… A disease epidemic is like an invasion of human society  Its effects can be as devastating as a conventional war: The human cost of SARS: 8,098 infected, 774 died The SARS virus targeted vital social infrastructure: in this case It caused transportation systems to shut down: airp

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